Sayed Hassan Nassrallah : Ce Chiite que les Sunnites admirent

Publié le par Zen

Hassan Nasrallah, ce Chiite que les sunnites admirent

Durant la guerré de l'été 2006 entre Israel et le Liban, des millions de personnes défilent dans les pays arabes et musulmans avec les portraits de Hassan Nasrallah. Comment le chef du Hezbollah a-t-il réussi à se faire une place dans le cœur des masses sunnites? Voici le parcours d’un homme qui a affronté 34 jours une armée israélienne parvenue dans le passé à balayer en quelques jours toutes les armées arabes.

Depuis l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser, jamais un Arabe n’aura été autant adulé par les foules, du Maroc à l’Irak, en passant par le Levant et le Golfe. Pourtant, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, est un chiite, une communauté minoritaire dans un monde arabe et musulman à majorité sunnite. Cela n’empêche pas les Frères musulmans d’Egypte, les sunnites de Jordanie, ceux des Territoires palestiniens et du Koweit, ou même d’Indonésie, de Turquie, du Pakistan et de bien d’autres pays encore, de brandir son portrait et de scander des slogans à la gloire de ce cheikh et de son parti qui tiennent tête à la puissante armée israélienne depuis presque un mois.

Cet homme de 46 ans, devenu le héros de dizaines de millions d’Arabes et de musulmans, est certes une personnalité forte et charismatique. Mais cela ne suffit pas pour expliquer l’extraordinaire élan de sympathie qu’il suscite chez les foules. «Pour les peuples arabes, Hassan Nasrallah incarne le contraire des rois et des chefs d’Etat qui ont baissé les bras devant Israël sans avoir obtenu aucun de leurs droits, Les masses frustrées voient en lui le leader déterminé et crédible qu’elles auraient souhaité avoir».

Admiré par les Arabes, haï par les Israéliens, Hassan Nasrallah s’est forgé au fil des ans une réputation d’homme simple, calme, sûr de lui, qui ne vit que pour un seul objectif : lutter contre Israël. La mort de son fils aîné, Hadi, lors d’un affrontement avec l’armée israélienne en 1997, a complété cette image du chef partageant les souffrances de ses hommes et qui a dédié son existence à sa cause. Son enfance explique en grande partie l’extrême sensibilité de Hassan Nasrallah à la question palestinienne, son attachement aux «causes des déshérités», comme il le rappelle à chacun de ses discours, et sa grande connaissance des complexités du système politico-communautaire libanais.

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Lorsque le secrétaire général du parti qui n’était autre que son ami Abbas Moussaoui est assassiné par Israël, en février 1992, le choix de la direction suprême se porte sur Hassan Nasrallah pour lui succéder. Il n’a encore que 32 ans. Ce choix s’explique par ses compétences militaires, son pragmatisme et son esprit d’ouverture. En effet, la guerre civile libanaise vient de se terminer. Et à l’intérieur du Hezbollah, le débat sur l’attitude à adopter a déjà commencé. Faut-il intégrer la vie politique nationale ou, au contraire, rester à l’écart du jeu interne libanais ? C’est la première option, défendue par Hassan Nasrallah, qui l’emporte. Quelques mois plus tard, le parti participe aux premières élections législatives de l’après-guerre, se posant en force politique incontournable.

Sur le plan militaire, Hassan Nasrallah s’était employé, pendant des années, à transformer le Hezbollah, organisant sa milice en véritable force de guérilla. Au milieu des années 80, les combattants du Hezbollah menaient des attaques frontales, dites à «l’iranienne», contre les positions israéliennes au sud du Liban, laissant sur le terrain des dizaines de morts. Petit à petit, la stratégie militaire a changé sous l’impulsion de Nasrallah. Elle est devenue plus efficace et mieux ciblée. Les résultats sont spectaculaires. Soumise à un insupportable harcèlement, l’armée israélienne a dû se retirer unilatéralement du Sud, sans accord politique, en 2000. Une première depuis le début du conflit israélo-arabe.

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La libération du sud du Liban a consacré Hassan Nasrallah en héros national, d’autant qu’aucun incident ou représailles n’ont eu lieu dans les régions évacuées. La force de Hassan Nasrallah provient de sa capacité à faire la synthèse entre chiisme arabe et iranien, entre islamisme et nationalisme arabe, entre le visage occidental du Liban et son appartenance au monde arabe

Publié dans hezbollah-resistance

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